Dossier pénurie : pour l’ANDRH, les entreprises doivent mettre en avant tous les avantages susceptibles d’attirer les candidats

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La France fait actuellement face de fortes difficultés de recrutement : candidats exigeants, vieillissement des effectifs, manque de compétences. Pour Audrey Richard, présidente de l’ANDRH, les entreprises ont tout intérêt à mettre en avant les avantages qu’elles proposent au-delà de la rémunération : télétravail, flex office, projet d’entreprise, aménagement des locaux. (Photo : ANDRH – DR)

Les entreprises françaises éprouvent actuellement de fortes difficultés de recrutement, plaçant le pays à la 11e place des pays mondiaux les plus touchés cette question et au 3e rang au niveau européen, derrière le Portugal et l’Espagne, selon une étude de la société de recrutement Manpower . Pourtant, selon l’ANDRH (Association nationale des DRH), le marché de l’emploi est fluide. Le taux de démission était de 2,7 % en France au 1er trimestre 2022, son plus haut niveau depuis la crise financière de 2008. Dans le même temps, les intentions de recrutement sont en augmentation selon l’APEC. 62 % des grandes entreprises (+6 points) envisagent de recruter dans les trois prochains mois et 19 % des PME (+4 points).

Pourtant, de plus en plus de DRH affirment avoir du mal à recruter. Interrogée par Enjeux RH, Audrey Richard, présidente de l’ANDRH, identifie une raison principale à ce phénomène. Le marché reste en faveur des candidats. Et avec plus d’offres que de demandes d’emploi, une guerre des compétences s’est déclenchée : « Les entreprises doivent s’interroger sur ce qu’elles montrent et proposent pour attirer les candidats ». Salaires, mais aussi aménagement des locaux, télétravail, flex office, localisation des bureaux, projet d’entreprise, tickets restaurants, remboursement des transports, etc. Les candidats passent tout au crible et selon la présidente, « ne recherchent plus simplement un salaire et des missions intéressantes ».

Les seniors pour pallier les difficultés de recrutement

Certains secteurs souffrent d’une pénurie particulièrement importante. C’est le cas depuis longtemps de l’informatique par exemple, où la demande a encore davantage augmenté en 2022, selon l’Apec. Les candidats formés étant trop peu nombreux. D’autres secteurs tels que le fret routier sont confrontés à un vieillissement de leurs effectifs. Selon le cabinet Kyu, avec de nombreux départ à la retraite qui se profilent, ce secteur sera alors le 4e de France avec le plus de postes à pourvoir d’ici à 2030. Une perspective qui n’a rien de rassurant pour les professionnels du secteur qui affirment avoir du mal à attirer les candidats au vu des conditions de travail difficiles et de salaires qui, selon l’Insee, dépasse rarement plus de 2 600 € brut par mois.

Face à cela, la présidente de l’ANDRH propose plusieurs solutions. « En France, nous avons 110 000 seniors en chômage longue durée. Pourquoi ne pas les former ? Ils sont plus que motivés, prêt à apprendre et pourraient représenter un important vivier de salariés potentiels ». Il en va de même pour les personnes en situation de handicap. Selon l’Agefiph, 460 131 d’entre eux étaient à la recherche d’un emploi à la fin juin 2022.

Clémence Tingry

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